De nouvelles frappes de drones et missiles russes sur l'Ukraine ont fait au moins quinze morts dans la nuit, ont indiqué mercredi les autorités. Neuf personnes sont mortes lors d'une attaque sur un immeuble résidentiel dans le nord du pays. A Prylouky, dans la région de Tcherniguiv (nord), «deux cages d'escalier d'un immeuble résidentiel ont été détruites à la suite d'un tir de missile» russe, selon le Parquet.
Un pompier ukrainien s'affaire, le 7 octobre 2026.
Le bilan s'est alourdi à neuf morts après la découverte des corps de trois enfants sous les décombres, a indiqué la police nationale. Un précédent bilan faisait état d'au moins cinq morts et d'une vingtaine de blessés. Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent un immeuble éventré et des secouristes s'affairant dans les gravats. Le président Volodymyr Zelensky a dénoncé «l'une des attaques les plus ignobles : 70 missiles au total, dont beaucoup de balistiques» et des drones lancés au cours de la nuit sur 12 régions du pays. «L'une des cibles principales était notre infrastructure énergétique», a-t-il affirmé.
Les restes d'un missile balistique russe ont été retrouvés.
L'approche de l'hiver fait craindre la répétition du scénario de l'an dernier, lorsque la Russie a bombardé sans relâche les sites énergétiques, plongeant dans le noir et le froid des millions de foyers. Des restrictions sont déjà instaurées à Kiev. Volodymyr Zelensky réclame à ses alliés davantage de systèmes permettant l'interception de missiles balistiques.
Volodymyr Zelensky et le chancelier allemand Friedrich Merz, le 28 septembre
Le ministère russe de la Défense a pour sa part affirmé avoir notamment frappé dans la nuit à Kiev et sa région, ainsi que dans la région de Tcherniguiv, des usines assemblant et stockant des missiles de croisière, notamment les Flamingo ukrainiens, et des drones de longue portée. «Tout Kiev vit dans la peur», a témoigné Iryna Rybalchenko, une employée de banque de 41 ans, réfugiée dans le métro pendant l'alerte. «On a pris nos affaires et on est venus ici», a-t-elle ajouté.
Le président ukrainien avait averti la veille au soir d'un risque d'«attaque massive» russe sur la capitale. Kiev est désormais visée, nuit et jour, par des attaques contre une série de cibles : entrepôts, sites logistiques, ou encore les ponts. Les autorités ukrainiennes accusent la Russie de chercher à détruire systématiquement les infrastructures du pays, face à son incapacité à progresser sur le front près de cinq ans après le déclenchement de la guerre par le Kremlin. Des frappes russes ont touché récemment deux des principaux ponts de la capitale et mardi, l'opérateur local DTEK a mis en place des restrictions d'électricité après des attaques contre des installations énergétiques.